Pourquoi le CIPAC ?

 Un constat

Depuis 10 à 15 ans, les taux de scolarisation du primaire ont assez fortement progressé dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest, tandis que le préscolaire commence à s’implanter progressivement.

  • en 1990 53%
  • en 2000 60%
  • en 2011 77%

En revanche, la qualité des apprentissages et les résultats des élèves au primaire stagnent à des niveaux relativement bas, avec des taux de redoublement et d’abandons élevés. Les conséquences pour les enfants sont évidemment désastreuses, de même que pour les systèmes scolaires dont les rendements sont anormalement faibles. La qualité de l’éducation devient la question centrale des systèmes éducatifs.

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Taux d'achèvement moyen du primaire en Afrique de l'ouest

Dans la plupart des pays, les constitutions ou les lois d’orientation pour l’éducation définissent de façon pertinente les finalités de l’éducation. Cependant les systèmes éducatifs nationaux continuent le plus souvent à engendrer des pratiques pédagogiques en complète opposition avec les finalités de l’éducation : transmission verticale du savoir par répétition, école coupée du milieu, méthodes ne favorisant ni l’initiative, ni la responsabilité, ni la réflexion, ni les capacités d’expression des élèves, élèves classés dès le plus jeune âge en mauvais, moyens, bons, entraînant leur lot d’échec et d’abandons scolaires.

Des avancées

Les pédagogies par objectifs, puis les approches par compétences (APC) ont pu apporter certaines améliorations, mais elles butent sur leur mise en œuvre par les enseignants dans leurs pratiques de classe, qui restent globalement inscrites dans un système de reproduction des pratiques antérieures. De plus, les formations sont la plupart du temps très théoriques et peu fondées sur l’expérimentation des pratiques pédagogiques en situation. Les approches dites « centrées sur l’enfant » restent donc généralement théoriques, maintenant en place des pédagogies essentiellement « frontales ».

Une approche différente

Or, depuis plus de 50 ans, des approches différentes s’appuyant sur des pédagogies actives, se sont multipliées à travers le monde, notamment en Amérique latine (Guatémala, Pérou, Brésil, etc.), en Asie (Inde, Bengladesh) et en Europe. En France, le mouvement Freinet a joué un rôle leader dans ce domaine. La plupart de ces expériences en vraie grandeur ont donné des résultats probants, attestés par un certain nombre de recherches ou recherche-action qui les ont accompagnées.

 Des élèves qui réussissent

Dans tous les cas, les enfants sont plus épanouis, l’absentéisme et les situations d’indiscipline ou de violence diminuent nettement, les capacités d’expression (orales, écrites, artistiques, corporelles) des enfants comme l’expérimentation scientifique sont fortement développées, les résultats académiques sont en hausse, l’école est en interaction avec son milieu et en tire parti sur le plan pédagogique, les enfants en difficulté sont accompagnés et encouragés, tout comme l’initiative, la responsabilité, le travail en équipe, en s’appuyant sur un système de valeur partagé où l’école et les apprentissages « font sens » pour les enfants.

 Une autre formation des enseignants

Pour arriver à cela, la formation des enseignants doit, elle aussi, changer d’approche de façon assez radicale. L’idée centrale est de mettre les élèves-maîtres ou les enseignants pendant leur formation en situation de classe pour expérimenter et s’approprier les méthodes actives, de façon à pouvoir les appliquer effectivement dans les classes. Les formations doivent donc
– développer des pratiques de classe en utilisant d’emblée des méthodes actives,
– se faire en alternance, avec une application immédiate en situation de classe,
– avoir une durée suffisante pour une appropriation effective des méthodes actives.

 

Un environnement favorable

En Guinée, depuis 2009, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance – The United Nations Children’s Fund – (UNICEF) a appuyé un double processus, à travers le Ministère de l’Education et un réseau associatif. Avec l’appui du Mouvement Freinet de France (ICEM) et du Mouvement des Enseignants Novateurs (MOUVEN) du Togo, environ une centaine d’enseignants et de cadres de l’Education ont été formés à certaines pratiques de pédagogie active qui ont été mises en œuvre dans des écoles, notamment le long des frontières (projet ALF) et à Dubréka. De plus, l’Institut National de Recherche et d’Action Pédagogique (INRAP) a révisé les programmes scolaires du primaire et dispose d’un nouveau curriculum adapté aux nouvelles pratiques pédagogiques. Parallèlement, l’Association guinéenne pour la Promotion des Pédagogies Actives (APPAC), créée en 2009, a constitué des cellules d’enseignants dans certains sites scolaires et a publié plusieurs numéros de son journal « Karanden ».

C’est dans ce contexte favorable que les promoteurs ont décidé de créer le Centre International de Formation en Pédagogie Active de Conakry (CIPAC Conakry), pour former prioritairement des formateurs et des cadres du primaire et du préscolaire des pays d’Afrique.
Depuis l’Association RÉUSSIR ENSEMBLE (ARE) a pris le relais. Dans son AG d’avril 2016, elle s’est ouverte à toutes les personnes qui pratiquent ou veulent pratiquer des techniques de pédagogie active ou qui militent pour leur promotion et leur développement en Guinée.
De plus CIPAC France et l’ARE ont signé en mai 2016 une Convention de Partenariat, qui porte sur de nombreux aspects de coopération, d’entraide et de renforcement mutuel.

L’ambition des promoteurs est d’accompagner les Ministères en charge de l’éducation et les Partenaires Techniques et Financiers dans la mise en œuvre des pédagogiques actives et de contribuer ainsi à l’amélioration de la qualité de l’éducation.

Un exemple de stage

STAGE DE FORMATION ÉQUIPES PÉDAGOGIQUES ENI DE DAPAONG

Le stage d’initiation à la Pédagogie Active par le CIPAC au Togo du 7 au 25/09/2015. Il s’inscrit dans le cadre du Projet d’Intégration de la Pédagogie Active (PIPAC) au Togo, un partenariat entre le Ministère de l’Éducation togolais et le CIPAC. Il a lieu à l’École Normale d’Instituteurs (ENI) de Dapaong.